L’opposition Guinéenne, face à un piège Politique.

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saikou Diallo

Tout porte à croire que la CENI vient de se fendre d’un communiqué fixant la date des élections présidentielles le 18 octobre 2020.

La question qui brûle toutes les lèvres , est celle d’une éventuelle candidature du Président de la République à sa propre succession,une chose qui trahirait sans doute l’esprit de la constitution du 7 Mai 2010 à ses articles 7 et 154 et à laquelle l’opposition plurielle et une bonne partie du peuple se reconnaissent, qui a permis tout de même à l’actuel chef D’État d’être élu en 2010 et sur laquelle il a prêté serment deux fois au compte des deux mandats constitutionnels.

Le 22 Mars à l’issue du double scrutin législatif et référendaire, un texte constitutionnel a été soumis au peuple de Guinée pour un vote ,sauf que à la surprise générale l’opinion publique se rend compte , d’une falsification de la nouvelle constitution , car le texte soumis n’a pas été celui qui a été promulgué et une loi n’a de valeur que quand celle-ci est promulguée et publiée au journal officiel de la République.

Cette nouvelle constitution puisque c’est d’elle dont il s’agit parlons-en n’aurait-elle pas comme mobile de permettre au chef de L’État actuel de se représenter pour un mandat de plus ?
A l’évidence la réponse est Oui , Connaissant les raisons et conditions dans lesquelles l’ancienne constitution a été écartée,nous pouvons en déduire que le Chef de L’État souhaite plonger l’opposition plurielle dans une élection présidentielle dont la constitution issue du référendum sera celle qui va dicter les règles du jeu et lui permettrait de se représenter contre eux .

Un régime , depuis 10ans a anéanti tous les contres pouvoirs politiques et institutionnels .
Politiquement cela s’explique par le fait , que l’opposition s’est déchirée ces 5 dernières années il ya eu beaucoup d’ego dans la lutte que d’objectivité sans oublier les ficelles du pouvoir.
Du point de vue institutionnel nous savons tous que l’une des missions de l’assemblée nationale est de contrôler l’action gouvernementale, mais toutes les institutions de la République ont été inféodées, ces dernières années par l’exécutif et la Cour constitutionnelle est une preuve vivante on a tous vu comment monsieur khalifa Sall a été éjecté de son poste , Paix à son âme.

Le combat est celui d’exiger d’avoir des élections libres crédibles et transparentes, mais surtout inclusives, il est de la responsabilité de l’opposition d’obtenir un certains nombre de garanti avant de participer à une quelconque élection.
Il faut que le chef de L’État fasse, un discours solennel dans le quel il renonce à un mandat de plus ,et que l’organisation des élections n’obéit qu’aux dispositions de la constitution du 7 Mai 2010 qui l’a élu , que le toilettage du fichier électoral y soit fait par des experts indépendants, une refonte totale de la Ceni pour qu’elle soit beaucoup plus technique que politique ,devront être des conditions pour garantir ,une alternance démocratique.

Les Partis politiques ont pour objectif,de participer aux élections, conquérir et exercer le pouvoir ,si le RPG est convaincu de la place qui est la vôtre et du mérite dont il prétend avoir comme étant un Grand Parti, qu’il fasse émerger un nouveau leadership, à la tête du Parti ,pour competir aux prochaines échéances présidentielles,et qu’il travaille d’arrache-pied pour permettre au Vieux de bénéficier les honneurs de la République en étant ce premier Président de la République qui a favorisé l’alternance dans notre pays, et lui assurer par la suite une Retraite politique apaisée pour le Bonheur de toute la Nation Guinéenne.

#SAIKOU #DIALLO
#Politologue à L’Université de #lillefrance

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